Le combat du génie des Montagnes et du génie des Eaux

     Le dix-huitième roi de la dynastie des Hùng avait pour enfant une fille dont la beauté et la grâce étaient connues dans tout le royaume et même au-delà. Aussi, lorsque le roi annonça son désir de la marier des prétendants affluèrent de partout. Cependant, le roi souhaitait choisir celui qui possèderait des talents et des qualités extraordinaires afin d’être digne de la remplacer sur le trône. Parmi les nombreux prétendants se présentèrent deux jeunes gens dotés de pouvoirs magiques. Le premier savait faire bouger les montagnes, déplacer les vallées, pousser les forêts et commandait une armée composée de toutes les créatures vivantes dans les forêts sur les Hautes Terres.  C’était Son-Tinh, le génie des montagnes. Le deuxième avait le pouvoir de commander le flot des mers et des fleuves, les nuages, le tonnerre et les éclairs, et toutes les créatures aquatiques. Il savait aussi bien faire tomber une pluie fine, bienfaisante que déclencher une tempête dévastatrice. C’était Thùy-Tinh, le génie des eaux.

Son-Tinh et Tuih-Tinh

     Lorsque chacun eu fait la démonstration de ses pouvoirs extraordinaires, le Roi Hùng eu bien de la peine à décider. Alors, il décréta qu’il marierait sa fille à celui qui apporterait les présents les plus rares et les plus beaux. Les deux Prétendants s’en allèrent chacun de leur côté, à la recherche des cadeaux demandés.

     Dès le lendemain Son-Tinh revint, chargé des produits les plus rares et les plus précieux que l’on pût imaginer sur Terre. Le Roi, satisfait et se rappelant sa promesse lui accorda sur le champ, la main de sa fille. Aussitôt les cérémonies du mariage terminées, Son-Tinh parti dans les montagnes avec son épouse et sa troupe.

     Sur ce, arriva Thùy-Tinh, chargé des présents les plus beaux, les plus extraordinaires que l’on pût imaginer. Tout fier d’avoir rapporté les cadeaux dignes de ses pouvoirs, Il fût très déçu de constater que le roi avait déjà donné sa fille à Son-Tinh. Il entra dans une grande colère et décida de donner la chasse à Son-Tinh, afin de lui ravir la princesse de force.

     Il lança à la poursuite de Son-Tinh les puissances des eaux. Des vagues monstrueuses déferlèrent dans les estuaires. Les fleuves sortirent de leur lit et inondèrent toutes les vallées. Son-Tinh fit alors monter les montagnes et les terres à mesure que les éléments liquides submergeaient le pays. Thùi-Tinh déclencha des pluies et des tempêtes.  DES villages entiers furent sinistrés, et le nombre des victimes s’accrut sans cesse. Aussitôt, Son-Tinh ordonna à ses troupes de faire des barrages avec des arbres, de bloquer les vallées avec des rochers, permettant ainsi à un bon nombre de gens de trouver un refuge. Le combat dura ainsi plusieurs semaines. Enfin, de guerre lasse, Thui-Tinh   résolut de retirer ses éléments, et le pays retrouva son aspect normal. Cependant, sa colère ne se calma pas pour autant. Périodiquement, il reprenait ses attaques contre les terres et les montagnes. Voilà pourquoi, depuis la nuit des temps, le Viet-nam connais chaque année, au début de l’automne, des inondations et de fortes pluies à l’intérieur des terres et de violentes tempêtes sur les côtes.

Son-Tinh Vs Tuih-Tinh

     C’est l’éternel combat entre Thuy-Tinh, le génie des Eaux, et Son-Tinh, le génie des Eaux, et Son-Tinh, le génie des montagnes.

 

Louka Tonnellier

2 réflexions au sujet de « Le combat du génie des Montagnes et du génie des Eaux »

  1. Le roi, embarrassé, ne sut lequel choisir car tous les deux avaient des talents incomparables et une puissance infinie. Après un moment de réflexion, le roi les plaça devant un défi: cent plateaux de riz gluant, un éléphant à neuf défenses, un coq à neuf ergots, un cheval à neuf crinières rouges, celui qui apportait le tout le premier était l’époux de la princesse Mi Nuong. C’était un faveur pour Sơn Tinh car il est la génie des Hautes Montagnes et des Forêts Profondes, et tous les présents pouvaient se trouver sur terre. Et évidemment Son Tinh arriva le premier avec tous les présents, dès l’aube. Cette histoire veut dire également que quand on n’est pas juste en jugeant des choses, on causera des dégâts à l’infini… Juste une petite précision. Et merci d’avoir intéressé à l’histoire vietnamienne 😉

    1. Merci de ce commentaire…
      La culture Vietnamienne est indissociable de la pratique Martiale ! Sinon, nous pratiquerions un sport (certes beau, sûrement efficace mais …)…dénué de l’âme des Arts Martiaux Traditionnels !

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